Demande à la poussière
Voilà un livre écrit avec les tripes, en tous les cas, c’est l’impression immédiate que donne cette écriture dense, crue, épaisse et sans le moindre fard.
Arturo Bandini deviendra un grand écrivain, il en est persuadé, cette idée le maintient en vie, mais en attendant, il traîne sa misère dans les rues poussiéreuses de Los Angeles. Là, il côtoie les espoirs déçus des hommes échoués là pour avoir suivi un rêve, un rêve de soleil, de chaleur, de jeunesse éternelle. Et les espoirs moribonds mais pas encore tout à fait morts de petites gens qui veulent eux aussi vivre le rêve américain. Et parmi eux, il y a Camilla, la belle Mexicaine, la princesse maya aux pieds nus qui le nargue et virevolte hors de sa portée. Camilla qui l’obsède, qu’il humilie et désire tour à tour, Camilla amoureuse d’un autre et prête à toutes les bassesses pour être payée de retour, Camilla qui se détruit peu à peu devant lui, qui lui glisse entre les doigts comme le sable du désert.
Je suis contente d’avoir vu le film, dont je vous avais parlé ici, avant de lire le livre, car sinon je ne l’aurais pas du tout apprécié, tant il est vrai qu’il offre une version singulièrement édulcorée de ce roman magistral. Je trouve par contre que les acteurs étaient très bien choisis.